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PARTIE 2 Chapitre 1 le Jeu 27 Sep - 21:17
Partie 2 : Le Voyage
Chapitre 1 :
Le départ
Chapitre 1 :
Le départ
Il était une heure du matin, tout le monde était chez Naska, on pouvait lire sur les visages de la fatigue et l’angoisse du départ. Après une énième vérification, la bande d’aventuriers est déclarée prête au grand départ, au départ d’un long et dangereux périple, un long voyage qui restait encore peuplé de nombreux inconnus dans l’esprit des adolescents.
Après de dernières recommandations, ce fut l’heure des adieux : l’heure la plus pénible ! Ils firent de leur mieux pour la rendre la plus courte possible, mais elle dura quand même.
Naska s’approcha de Naïla pour lui dire au revoir, mais, à peine eut-il le temps d’ouvrir la bouche, qu’elle le serra dans ses bras. Elle l’enlaça si fort qu’il eut du mal à respirer, il sentit les chaudes larmes de sa mère couler dans ses cheveux. Tout d’un coup, il se trouva honteux, honteux d’avoir embarqué ses amis avec lui, honteux de faire subir à sa mère un nouveau départ, et surtout, honteux de ne point trouver de mot pour apaiser sa mère, lui assurer qu’ils reviendraient, lui exprimer son amour et sa gratitude, pour tout ce qu’elle avait fait … Il aurait aimé lui dire tout ça, mais il leva juste ses yeux et les plongea dans ceux, humides et tristes, de sa mère. Ce simple regard leur suffit, ils se comprirent, et une tendresse infinie passa de l’un à l’autre. Naska se recula d’un pas, Naïla desserra son étreinte pour libérer son fils.
Emus, Daniel, Aurélien, Michaël et Tina se rapprochèrent à leur tour pour saluer et remercier la jeune mère.
Naïla leur ordonna de partir, en prétextant que le jour se lèverait bientôt, ce n’était bien sûr qu’une excuse pour ne pas éclater en sanglots devant eux, car il faisait belle et bien nuit noire, et le soleil n’était pas prêt de se réveiller, pas plus que les habitants. Ils respectèrent sa demande et commencèrent à partir. Au bout de trois pas, à peine, Naska ne pu s’empêcher de se retourner, pour voir sa mère, une fois encore, et imprimer son image dans son esprit, malgré l’ordre de celle-ci :
« Ne te retourne pas vers moi, ni vers ton passé ; avance, toujours vers ta destinée. »
Avant de tourner à l’angle de la rue, il lui lança :
-Excuse moi ! Je te jure que je reviendrais.
Puis il ne se retourna plus.
Quiconque aurait eut l’idée, absurde mais plausible, de se balader dans les ruelles les plus mal famées de la petite ville, aurait surprit des silhouettes furtives, se déplacer silencieusement dans les ombres les plus sombres, avec de gros sacs à dos, et aurait sûrement cru rêver.
Bien heureusement, personne ne s’y risqua.
Les jeunes gens sortirent de la ville sans encombres, et prirent aussitôt le cap en direction du nord, vers les sous bois, pour rejoindre, ensuite, la Grande Forêt du Nord, on l’appelait ainsi à cause de sa taille unique dans le pays, et, bien sûr, de sa situation géographique.
Ils arrivèrent rapidement sur le sentier, peu emprunté, que Naska avait repéré la veille. Leur chemin continua, sans qu’ils n’échangent la moindre parole, le moindre regard, pendant plusieurs heures. Chacun regardait droit devant, pensant à ceux qu’ils avaient laissé dans l’insouciance, se disant qu’il -ou qu’elle- n’avait pas passé assez de temps avec eux, et que finalement, ils se connaissaient peu. Ils s’éclipsaient sans même un mot, juste une petite lettre, ce n’était pas grand-chose, ça, ils en avaient conscience, et s’en voulait de ne pas s’être expliqué, de ne pas les avoir serré dans leurs bras pour les embrasser uns dernière fois. Mais c’était trop tard maintenant, ils étaient partis et il n’était pas question de faire demi tour, tous étaient impliqués dans l’histoire, d’une façon ou d’une autre : il ne pouvaient plus s’enfuir.
Les premières lueurs de l’aube pointèrent à l’horizon, et peignirent le paysage de couleurs chatoyantes, jusqu’à venir se refléter sur les visages, mélancoliques, des enfants. Ce fut si beau, de voir la nuit disparaître sous ces teintes magnifiques, que les aventuriers furent éblouis, émerveillés et leur cœur s’emplit des couleurs vives, lumineuses et joyeuses du soleil levant. Ainsi, ils retrouvèrent le sourire, Naska se rapprocha de Tina et lui souffla à l’oreille, en lui prenant la main :
-C’est magnifique !
Elle acquiesça en lui souriant.
La petite troupe continua à avancer, tout droit, avec le soleil levant à leur droite, en y jetant fréquemment de petits coups d’œil : la lumière était si éblouissante, qu’ils ne pouvaient pas le regarder en permanence.
A la mi-journée, ils arrivèrent enfin à la lisière du bois, après avoir tant marché, il étaient exténués : ils avaient à peine dormis avant le départ, la pression avait été trop forte, et avaient marché d’un bon pas, avec seulement quelques courtes pauses.
Ils sortirent le pique-nique, que leur avait, très gentiment, préparé Naïla, en la remerciant par pensée de tant de bonté à leur égard, l’engloutirent puis, ils aménagèrent leur petit coin, afin de pouvoir se reposer tranquillement.
Au bout de dix minutes, on entendit les respirations apaisées des enfants dans leur campement de fortune.
Soudain, Naska s’agita dans son sommeil, profond, et se réveilla d’un bond. Il secoua ses amis avec force, pour les obliger à se lever et à ramasser toutes leurs affaires, éparpillées sur le sol.
-Mais, que se passe-t-il ? Protesta Michaël. On vient juste de se coucher.
-Je vous expliquerai plus tard, quand nous seront à l’abri, pour l’instant, il faut partir, et en vitesse. Allez ! Bougez-vous ! Les pressa Naska tout en ramassant un sac.
-A l’abri ? Mais de quoi ?
-De ceux qui nous cherchent.
-C’est complètement idiot ! Personne ne nous cherche. Soupira Aurélien.
-Si tu tiens à rester ici, c’est ton problème.
-Faites ce qu’il vous dit ! Nan mais pour qui est ce que vous vous prenez ? Si il dit qu’il y a un danger, c’est qu’il y en a un ! Si vous ne lui faites pas confiance, rentrez chez vous ! Personne ne vous retient ! Vociféra Tina, qui devint rouge de colère.
Naska la remercia d’un signe de tête et compléta :
-Je ne veux pas passer pour celui qui se croit le chef, mais lorsque j’ai des visions ou des pressentiments, écoutez-moi, et faite ce que je vous dis. C’est pour votre sécurité. OK ?
-Ouais, c’est bon. Soufflèrent les concernés, à qui la tirade de Tina avaient coupé le souffle.
-Bon. Maintenant, je vous conseil de me suivre, et en courant ; si vous ne voulez pas…Il stoppa net sa phrase.
-Si on ne veut pas quoi ? S’inquiéta Daniel.
-Taisez-vous ! Ordonna Naska. Je l’entends, chuchota-t-il, à droite, vite !
Ils sautèrent tous derrière le gros buisson situé à leur droite, et furent fort étonné de ne pas retomber lourdement de l’autre côté du buisson, et ne suent jamais qui ni quoi les suivait.
-Aaaaaaaaaaaah …
-Hééé ! Que se passe t’il ?
-Nous sommes en train de glisser dans un toboggan, qui nous mène droit sous terre. Constata, avec horreur, Naska.
-Oh noooooon ! Gémit Tina.
S’ils paraissaient tous aussi terrorisés, c’est que, étant petit, ils avaient tous entendus les histoires que l’on raconte aux enfants pour leurs faire peur. Ces récits commençaient tous par : « Le petit garçon s’éloigna du sentier pour explorer un coin de forêt inconnu. Sa mère, l’ayant vu partir à l’aventure, courra à sa suite, pour le rattraper, mais, celui-ci, insensible aux appels, continuait à s’avancer quand tout bascula devant lui, il dérapa et tomba dans un long tunnel, creusé par le Urondors, créatures maléfique. Au bout d’une demi heure de glissade, il fut éjecté du toboggan pour atterrir au milieu d’un cercle formé par des soldats. La chaleur était suffocante, il se trouvait belle et bien au centre de la terre. » et se terminaient ainsi : « Il fut cuit à la broche, au dessus du noyau terrestre, et servit avec de petits oignons et de fruits sous terrains, sur un beau plat doré, lors du banquet donné à la gloire de la reine. »
Dernière édition par le Dim 14 Oct - 20:37, édité 1 fois







