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1 PARTIE 1 La Totalitée ! le Jeu 27 Sep - 20:30

Le Peuple Oublié

Partie 1 :
Le rêve


Chapitre 1 :
Honteuse révélation


-Quoi ? Que se passe-t-il ? Hurla Naska qui venait de se réveiller en sursaut.
-Encore ce rêve, soupira-t-il, il ne me quittera donc jamais ? »

Naska était un jeune homme qui avait 14 ans, depuis la veille : le 9 mars 2007, il était dans la moyenne de taille pour ceux de son âge. Il possédait de beaux cheveux bruns plutôt longs et légèrement ondulés, ce qui lui attirait beaucoup de regards en coin de la part des filles. Ses yeux, d’un bleu profond et insondable, n’y étaient pas pour rien non plus : on s’y noyait si facilement, ainsi que son corps athlétique. Au collège, Naska avait beaucoup d’amis.

Le jeune garçon descendit de sa chambre, qui se situait à l’étage de la maison où il vivait avec sa mère et, pour son plus grand malheur, avec son grand frère, Jonathan, qui ne pouvait pas s’empêcher de l’humilier ou de faire éclater des disputes autour de lui. Celui-ci avait 17 ans et, comme Naska, avait les des cheveux bruns et les yeux bleus à la différence que ses cheveux étaient courts, presque rasés, et ses yeux étaient froids et cruels.

En arrivant dans la cuisine il vit sa mère faire chauffer du lait et griller des tranches de pain.

-B’jour M’man. Je peux ?s’inquiéta-il en s’approchant du grille-pain.
-Bonjour Naska, répondit-elle en souriant, je les ai faites pour toi.
-Merci !
-Hé forcément pour le p’tit gamin on fait tout. Tu veux un biberon ? Ricana Jonathan qui faisait irruption dans la pièce.
-C’est pas vrai…
-Oh ! Taisez-vous à la fin ! Coupa Naïla, leur mère.
-Mais…
-C’est bon Naska. Soupira-t-elle.

Cinq minutes plus tard, Naska, toujours énervé par cette nouvelle humiliation, était sur la route du collège. « Au moins, là-bas il ne risquera pas de m’embêter » se réconforta-t-il.

En effet, son frère avait été renvoyé du collège trois mois auparavant car il avait causé une bagarre où il avait cassé le bras d’un cinquième, malgré son âge, il était encore en troisième.

-Naska ! Tu rêves ?

C’était Tina, sa meilleure amie très jolie à ses yeux d’ailleurs, qui le tirait de ses pensées. Il lui sourit et répondit :

-Oui, sûrement un peu ! Comment vas-tu ?
-Bien, merci.
-Au fait tu sais, si je faisais un beau rêve, tu serais dedans !
-Ah ? À bon ? Dit-elle en rougissant.

Il se contenta de sourire. En entendant la sonnerie, qui annonçait que les élèves devaient se mettre en rang, ils se firent un bref au revoir en se promettant de se revoir plus tard.

-Alors ! T’es toujours en train de la regarder dis donc, se moqua gentiment Michaël.
-C’est vrai qu’elle est jolie ! Ajouta Aurélien en souriant avec un regard tout de même rêveur.
- Et elle n’est pas indifférente à toi ! L’attaqua Daniel en s’esclaffant.
-Mouais, ho c’est bon ! Pff. Bougonna-t-il à l’adresse de ses amis.

Tous se mirent à rire de bon cœur.

Michaël, grand et doté d’une force impressionnante, était, en quelque sorte, le chef de leur petite bande. Il avait les cheveux mi-longs d’une couleur châtain clair et les yeux verts. On ne le voyait jamais sans Aurélien, ils étaient vraiment inséparables. Celui-ci, au contraire, était petit mais possédait une intelligence extraordinaire. Daniel, lui était joyeux, toujours souriant et prêt à réconforter ses amis : il ne supportait pas de les voir tristes.

-Bon, faudrait y aller : la vieille arrive ! Fit remarquer Naska.
-Ouais, bof. Je n’aime pas les maths. Répondit Michaël.

La vieille, c’était Madame Viltorine : un professeur de mathématiques extrêmement sévère. Aucun élève ne l’appréciait, et même certains de ses collègues contestaient son enseignement car malgré se sévérité, elle n’était pas très compétente, ses cours en demeuraient donc incompréhensibles.

Ils entrèrent en classe pour deux très longues heures de maths. Quand enfin la sonnerie de la récréation retentit, tout le monde rangea ses affaires et se rua dehors. Naska et ses amis se dirigèrent vers un coin désertique de la cour pour être tranquille : Naska devait leur dire quelque chose que eux seul devaient savoir.

-Qu’y a-t-il de si important ? Questionna Daniel soucieux.
-C’est… Heu… Est ce que je vous ai déjà parlé du rêve que je fais depuis quelques temps ?
-Non ! Répondirent-t-ils tous en même temps.
-Alors voilà : ça fait environ une semaine que je rêve de la même chose toutes les nuits, et ça paraît tellement réel… J’ai comme l’impression que ça se passe ailleurs, loin, très loin. Commença-t-il d’un air énigmatique.
-Mais c’est impossible ! Renchérit Aurélien sceptique.
-Oui, c’est vrai, soupira le jeune garçon, je le sais mais je t’assure que…
- Raconte-nous ! Coupa Michaël soudain intéressé.
-Euh, alors promettez moi de ne pas vous moquer de moi. Les supplia-t-il.
-Oui, bien sûr, après tout ce n’est qu’un rêve. Promirent-ils.
-Non, je ne suis pas sûr je vous l’ai déjà dit. Voilà mon rêve : moi, je suis comme un esprit invisible qui assiste à l’action, comparable au vent. Je me trouve dans une forêt très fournie, principalement de chênes, très verdoyante, enfin magnifique quoi ! Et là, apparaissent des petits êtres vivants d’environ un mètre, dotés de grandes ailes, de longs doigts, leur visage est bleu comme tout le reste de leur corps et doté d’un nez considérable, de grandes oreilles pointues et de deux petits yeux, généralement noirs. Ils courent vers un arbre gigantesque et grimpent avec agilité jusqu’au sommet, arrivés en haut les deux personnages rentrent dans une anfractuosité de l’arbre et là il y a, aussi invraisemblable que cela puisse paraître, un passage vers je ne sais quel autre monde parallèle ! Dans cet endroit, qui semble être peuplé de ces petits êtres, je vois pleins de cabanes, de maison construites dans les arbres, des tentes, des espèces d’auberges, de grands jardins… Et tout cela est en harmonie pure avec la nature. Les personnages sont vêtus de feuilles et de tiges tressées, ils sont très joyeux, fêtards, et extrêmement agiles de leurs mains. Ce sont d’excellents grimpeurs et ils se déplacent avec une souplesse et un silence parfait. Comment dire ? Je suis émerveillé. Et soudain tout devient noir, il y a des cris horribles, perçants. Je suis convaincu que c’est un appel pour me dire de leur venir en aide.
-Hé ! Tu délires mon gars là. Rit Michaël.
-Elle est bien jolie ton histoire mais je ne vois pas en quoi elle pourrait être réelle, continua Daniel.
-Mais vous ne comprenez vraiment rien ! Ils m’appellent, j’en suis sûr maintenant. Et vous aviez promis de ne pas vous moquer. Leur répondit Naska irrité.
-Ho ! Atterri ! Tu me fais peur là, commença à s’inquiéter Aurélien, et, puis comment veux-tu les trouver SI ils existaient ? Peut-être vont-ils te donner l’adresse, non ? Dit-il en insistant sur le "si".
-J’EN AI MARRE, cria l’incompris, ET VOUS VOUS DITES MES AMIS ?
-Oui, nous sommes tes amis, dit sérieusement Daniel, mais avoue que ce n’est pas une histoire ordinaire !
-CE N’EST PAS UNE RAISON POUR NE PAS ME CROIRE ! ! Hurla cette fois Naska.

Et il laissa ses amis plantés là se sentant plus ridicule qu’autre chose et se maudit de leur en avoir parlé. « J’aurais dû garder mon secret pour moi » marmonna-t-il, quand soudain, une main toucha délicatement son épaule.

~¤~¤~
Chapitre 2 :
Mauvais rêve


-Quoi encore ? Dit Naska avec fougue.
-Comment ? Qu’est-ce que tu as ? C’est juste moi, répondit Tina, étonnée du comportement du jeune homme.
-Oups ! Excuse-moi. Je suis énervé. Dit celui-ci honteux.
-Ce n’est rien. Mais que s’est-il passé ? Tu n’es pas avec tes copains ?
-Copains ? Tu parles ! Ils se moquent de moi pour rien. Je leur ai raconté quelque chose et ils se sont payés de ma tête, répondit-il outré, t’appelle ça des copains toi ?
-Heu, bin, je ne sais pas, c’était peut-être pour rire, tu ne crois pas ?
-Ha ha ! C’est super drôle dis moi, répondit-il de mauvaise humeur.
-Oh ! Mais si tu le prends comme ça, je peux te laisser, j’ai d’autres choses à faire. Je voulais juste t’aider.
-Et bien pars ! Si je t’embête.

Elle partit sans un mot de plus, se demandant ce qui s’était réellement passé. Puisque Naska ne voulait pas y mettre du sien, elle le laisserait se débrouiller seul. Et puis pourquoi lui parlait-il comme cela à elle alors qu’elle ne lui avait rien fait ? Tant de questions fourmillaient dans sa tête et restaient sans réponse. La jeune fille se secoua un peu pour penser à autre chose puis se dirigea vers un groupe de fille où elle aperçut quelques unes de ses amies.

Pendant ce temps là, le petit groupe que Naska avait laissé n’avait pas bougé, tous se posaient les même questions : leur ami était-il devenu fou ? Etait-ce vrai ? Non, impossible, ces petits êtres et ce passage -qui menait Dieu sait où- ça n’existe que dans les rêves ! Oui, c’était bien un rêve, et pourtant, Naska essayait de leur prouver le contraire. Cette dispute était vraiment bête, elle n’avait aucun sens. Ce fut Michaël qui prit la parole pour dire ce que tous pensaient :
-On devrait aller le voir, s’excuser et ne plus en parler.
-Oui, mais il va forcément revenir dessus : tu le connais, ça va recommencer, soupira Aurélien.
-Et bien on lui expliquera que nous ne sommes pas en mesure de comprendre, suggéra Daniel, et, sans se fâcher, nous aborderons un autre sujet. Je ne peux pas le laisser comme ça, il a l’air si triste !
-Je vous propose d’essayer plus tard ! Parce que là ça sonne.
-Oui, il vaut mieux prendre du temps pour être sûr de ne pas empirer la situation. Tu as raison Daniel : c’est insupportable de voir une ami triste. Je ne l’avais jamais vu comme ça avant ! Cela doit le tourmenter depuis un moment pour qu’il nous en parle.
Daniel et Michaël approuvèrent d’un signe de tête et tous trois se dirigèrent vers le rang. Ils virent Naska tout seul derrière, il semblait bouder.

En réalité, il était en colère contre lui-même, contre ses compagnons de bande et également contre sa meilleure amie, ce qu’il regrettait terriblement, et à la fois il était honteux. Il vit ses camarades devant mais il ne les rejoignit pas, pas tout de suite, il désirait d’abord réfléchir seul. Il avait conscience de s’être comporté stupidement mais ne voulait pas s’excuser en premier, il attendrait.

Le professeur arriva et tous entrèrent en classe. Parmi les membres de la petite bande, aucun n’arrivait à se concentrer sur les exercices donnés, ils restaient préoccupés par les évènements précédents. Ainsi se poursuivit donc le cours de français. La fin du cours arriva et suivit celui d’histoire ; qui se déroula dans les mêmes conditions. Quand enfin ce fut midi, Naska se dépêcha de ranger ses affaires et sortit ; contrairement à ses amis, lui, rentrait chez lui pour manger.

-Naska ? Que se passe-t-il ? S’étonna sa mère en le voyant arriver.
-Rien, ça ne regarde que moi, grogna-t-il d’une humeur massacrante.
-Ne me mens pas, tu sais que je te connais mieux que n’importe qui ! Et je vois que tu as un problème. Je peux peut-être t’aider.
-Oui je le sais et je m’en passerais bien. Non tu ne peux pas m’aider cette fois, je te l’ai déjà dit, ça ne regarde QUE MOI.

Naïla avait l’art de toujours voir quand son fils avait un problème. En l’occurrence là, même sans cette qualité elle l’aurait vu. Elle en déduisit qu’il y avait eu une dispute entre ses amis et lui, ce qui n’arrivait quasiment jamais. La jeune femme décida de les aider indirectement, mais pour cela il fallait qu’elle sache de quel genre de querelle il s’agissait. La mère de l’adolescent voyait surtout que son enfant avait beaucoup de remords, ça aiderait sûrement à la réconciliation. Elle changea de sujet pour calmer la tension et servit le repas.

Naska mangea en silence, il hésitait entre tout raconter à sa mère, qui saurait quoi faire, ou ne rien dire. Il avait remarqué la manière habile dont elle posait ses questions pour savoir indirectement ce qui s’était passé, mais il les évitait en se plongeant avec une intense concentration sur le contenu de son assiette. Au bout de dix minutes, il n’y tint plus, c’en était trop pour lui, il leva le nez de son assiette et plongea ses yeux dans le regard protecteur de sa mère, qui l’incitait à tout raconter, et commença :

-Bon alors ça s’est passé ce matin, à la récré, j’ai raconté un truc à Michaël, Aurélien, et Daniel… Et ils se sont moqués de moi, alors que je leur avais fait promettre, même pas deux minutes avant, de ne pas se moquer ! Ils n’ont pas tenu leur promesse. S’indigna-t-il. C’était un truc super important et là, Pam ! Ils rigolent ! Pas loupé ! Et ils me prennent pour un débile maintenant.
-Et quel est ce "truc" ? Questionna Naïla pensive à propos des révélations de son fils.
-C’est… C’est, bégaya-t-il, mais toi aussi tu vas dire que ce n’est pas vrai, que ce n’est qu’un rêve, que…
-Non, le coupa-t-elle, tu as commencé à me raconter, donc maintenant tu continues. J’aurais honte de me moquer de toi ! Une mère qui se moque de son enfant, c’est du jamais vu !

Il lui relata donc tout, son rêve, depuis combien de temps il le faisait, les sentiments qu’il éprouvait à chaque fois et comme prévu, elle ne se moqua pas, au contraire : elle avait semblé soucieuse, au cours du récit elle avait hoché la tête à plusieurs reprises, comme si elle voyait de quoi il parlait. Cette fois, c’était au tour de Naska de poser des questions. Il regarda de nouveau sa mère droit dans les yeux, d’un regard implorant :
-Je vais peut-être dire quelque chose de bête mais, quand je t’ai raconté mon rêve, j’ai eu l’impression que tu savais de quoi je parlais, que… Que tu avais déjà vécu une histoire de ce genre ou je ne sais pas quoi qui y ressemble en tout cas, qu’on t’a raconté peut-être ?

Naïla se pinça les lèvres et se maudit intérieurement de son manque de discrétion émotionnelle, il ne devait pas être au courant, pas tout de suite. Elle lui mentit donc et dit, en essayant de paraître le plus naturel possible, qu’étant petite elle faisait parfois des rêves et que ses copines se moquaient d’elle, mais ses rêves à elle n’avaient rien à voir.

Naska était désespéré, il avait pensé que sa mère avait fait les mêmes rêves, en voyant son attitude, mais elle affirmait que non. Il était sur le chemin du collège quand soudain, tout bascula devant lui, tout devint noir, les bruits semblaient lointains. Il entendit le cri d’une femme appelant à l’aide, celui d’un homme au téléphone, puis il sombra dans l’inconscience. Il entra dans une espèce de transe où il fit de nouveau le même rêve, encore plus net que les précédents, cette fois il vit que les deux personnages avaient une mine terrifiée, angoissée, ce qu’il n’avait pas remarqué auparavant. Ils semblaient pressés, à l’instar des porteurs de mauvaises nouvelles. Comme d’habitude, tout finit par devenir noir, mais il ne se réveilla pas pour autant.



Dernière édition par le Jeu 27 Sep - 20:38, édité 1 fois


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2 Re: PARTIE 1 La Totalitée ! le Jeu 27 Sep - 20:31

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Chapitre3 :
Sommeil profond


Naïla regardait son fils gesticuler sur son lit, à l’hôpital, en effet elle avait eu un appel une demi heure plus tôt lui disant que son fils s’était évanoui sur la voie publique et en tombant, il s’était ouvert le côté du crâne. On l’avait emmené à l’hôpital "Saint Joseph" où il avait reçu les soins nécessaires. On avait trouvé son nom et son numéro de téléphone dans son sac à dos et, tout de suite, Naïla avait été prévenue.

Depuis son arrivé, l'enfant n'avait fait que gémir et bouger mais ne s'était pas réveillé. Il semblait être dans un rêve mouvementé, cela, sa mère le savait mieux que quiconque. Puis, d'un coup, il cessa de bouger, ce qui inquiéta sa mère plus qu'autre chose. Elle comprit au bout d'un moment que c'était uniquement car le rêve était fini. Une infirmière entra et refit les pansements de Naska : Il avait été soigné trois-quarts d'heure avant mais la blessure, bien que minime, exigeait une propreté absolue. L'infirmière s'approcha de Naïla et demanda:
-Avez-vous besoin de quelque chose ? Si je peux vous aider, ça sera avec plaisir.
-La seule chose dont j’ai besoin, c’est du réveil de mon fils, répondit-elle, mais merci quand même.
-Ne vous inquiétez pas, la réconforta l’infirmière, il se réveillera bientôt ! Et sa blessure est en bonne voie de guérison !
-Et bien tout va bien dans le meilleur des mondes, soupira la mère du malade.
-Ho, ne vous en faites pas, je vous l’ai déjà dit, il est en bonne voie.

Après quelques mots de réconfort, l’infirmière s’en alla et Naïla se retrouva de nouveau seule, avec Naska endormi. Bien que l’infirmière avait assuré que son fils allait guérir vite, elle n’en était pas convaincue, car ce n’était pas un simple évanouissement, ça elle en était sûre. C’était beaucoup plus fort que cela, c’était autre chose.

L’enfant bougea un bras, puis l’autre, ouvrit ses paupières pour faire découvrir le blanc de ses yeux, écarta ses lèvres et murmura « Ashklin » puis se rendormit, pour longtemps.

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Chapitre 4 :
L’appel du rêve


-Penses-tu qu’il va bientôt se réveiller ? Demanda Daniel, inquiet du sort de son ami.
-Je ne sais pas, mais je l’espère, soupira Michaël

C’était au moins la dixième fois de la soirée qu’ils échangeaient les mêmes paroles.

En fin d’après midi, n’ayant pas vu leur compagnon, ils avaient appelé Naïla mais celle-ci n’était pas là : Jonathan avait répondu au téléphone et, d’une voix joyeuse, avait dit que son frère était à « l’hôpital Saint Jo ». Daniel, Aurélien et Michaël y étaient donc allés et avaient trouvé Naska sur un lit d’hôpital, à côté, sa mère le veillait. En les voyant entrer, elle s’était levée et leur avait dit : «Merci, merci d’être venu ». Ils avaient hoché la tête et avaient demandé ce qui s’était passé. Elle leur avait relaté les faits et expliqué qu’elle était ici depuis qu’on l’avait appelé à deux heures de l’après-midi. Ils lui avaient bien proposé de la remplacer au chevet de Naska, mais elle ne voulait pas partir.

Depuis que Naska avait prononcé le mot étrange, il n’avait pas bougé d’un pouce, ce qui inquiétait les infirmiers, même s’ils n’étaient pas au courant que leur patient avait parlé, c’est le micro réveil qu’ils avaient détecté chez leur patient. Normalement, Naska devrait être réveillé depuis longtemps, pourtant il ne semblait pas sortir de cet état de léthargie.

Naïla bailla.
-Tu devrais te reposer un peu Naïla. Conseilla Michaël.
-Non, non, je ne suis pas fatiguée. Assura-t-elle.

Bien sûr, c’était faux. La jeune mère était épuisée par la douleur de l’incertitude et de l’attente ainsi que par le manque de sommeil : il était déjà huit heures du soir ! Elle finit par céder quand une infirmière lui proposa de s’allonger sur le lit adjacent à celui de Naska. En lui promettant de venir tous les quarts d’heure pour voir l’évolution de l’état de l’enfant et de la réveiller à la moindre nouvelle, l’infirmière avait réussi à la convaincre. Les trois jeunes gens avaient dû rentrer chez eux à la suite d’un appel de leurs parents, qu’ils avaient prévenus de leur visite à l’hôpital auparavant.

Pendant ce temps là, Naska avait recommencé à rêver, mais cette fois ce n’était pas des images qui défilaient derrière les paupières fermement closes du jeune homme, c’était des voix qui tournaient et retournaient dans sa tête. Elles étaient douces et inquiétantes à la fois car une pointe de peur perçait. Elles n’étaient pas dans sa langue maternelle, elles étaient dans une langue bizarre, mais très jolie à entendre. Sans savoir comment, Naska comprenait cette langue, qui lui était pourtant inconnue jusqu'à ce jour.

Le rêve était aussi fait de sentiments de crainte, de peur et de désarroi comme quand on supplie quelqu'un mais que l’on n’est pas sûr que cette personne dira oui. Naska se sentait comme poussé, attiré par ce rêve.
Les voix disaient : « Ashklin, greis d ponie. ». Ce qui veut dire : « Ashklin, viens à nous. »

« Ashklin », de toute évidence c’était le nom de quelqu'un, mais qui ? La réponse restait incertaine pour Naska, même s’il en avait une petite idée.

Le rêve audio/sensoriel prit fin, et la longue attente du réveil recommença. Naska était tout à fait conscient mais ne comprenait pas les voix autour de lui, il se sentait lourd et ne pouvait pas bouger.

~¤~¤~
Chapitre 5 :
Après le réveil


-Maman, il faut que je te dise quelque chose. Proféra Naska.

Ça faisait deux jours qu’il s’était réveillé, après une semaine d’une espèce de coma. Ses amis et sa mère avaient veillé sur lui et, même son frère était passé, ce qui l’étonnait beaucoup, bien qu’il en fut très touché. Celui-ci le niait obstinément. Le malade et ses compagnons s’étaient réconciliés, sans une parole. Dès le réveil de Naska, ses amis et sa mère s’étaient jetés sur lui, et avaient manqué de l’étouffer. Le jeune avait tout de suite compris qu’ils s’excusaient et, qu’ils étaient soulagés de le voir autrement qu’endormi.

-Dis-moi tout mon Naska. Débuta-t-elle.
-C’est au sujet du moment où j’étais indolent. Commença-t-il.
-Tu as refais un rêve ? Dit-elle tout d’un coup inquiète.
-Euh, oui. Mais ce n’était pas vraiment pareil.
-Comment est-ce que c’était ?
-Il y avait des voix, et j’éprouvais des sentiments, mais il n’y a eu aucune image.
-Quoi ? Oh, non ! Que disaient les voix ?
-Qu’est ce qu’il y a ? Tu as l’air bizarre.
-Rien, mais je le répète : que disaient les voix ?
-Hum... Les voix ? Elles n’étaient pas dans notre langue, je n’avais jamais entendu de telles consonances ! Elles étaient si douces.
-Ah ? Et de quoi parlait-elle ?
-C’était un appel au secours.
-Un appel… Peux-tu me les redire ?
-Oui : « Ashklin, greis de ponie »
- « Ashklin, viens à nous ».Traduit-elle à voix haute.
-Mais ? Tu, tu… Tu connais cette langue ? Bégaya le jeune homme, déconcerté.
-Oups ! Fit Naïla. Mais quelle courge je fais ! Puis elle se frappa la tête avec la paume de sa main.
-Comment la connais-tu ? Réponds moi.
-Mais je ne la connais pas !
-Arrête de mentir ! Comment aurais-tu fait, si tu ne savais pas parler cette langue, pour traduire ?
-Euh, c’est que… Je ne peux pas te le dire comme ça, c’est trop important !
-Si, tu peux me le dire. Tu n’avais qu’à faire attention !
-Non Naska ! Dit-elle d’un ton sans réplique.
-Mais pourquoi ? Je suis tout de même concerné par cette histoire.
-Oui, pour mon plus grand malheur. Ton père aussi l’était.
-Quoi ? Tu m’avais pourtant dit qu’il t’avait abandonné.
-Je t’ai menti.
-ET POUR QUEL MOTIF ? Cria-t-il.
-Pour ton bien. Répondit-elle calmement.
-Mon bien ? Tu parles ! Où est-il alors ? Que s’est-il passé ? Si tu veux mon bien, il faut me le dire.
-Non Naska, pas tout de suite.
-Mais quand alors ? Quand il sera trop tard ?
-Quand ce sera le bon moment, quand j’aurai le courage de te le dire, et surtout, la force de te voir partir, toi aussi. Et ça, je ne peux pas. Pas maintenant. Je croyais qu’en le laissant s’en aller, nous serions tranquilles ! Mais non, il faut que ça continue. Je suis désespérée, tu peux le comprendre ça ? Dit-elle au bord des larmes.
-Excuse-moi maman… Je ne voulais pas… C’est juste que je suis perdu, je ne sais plus quoi faire. Dit-il sincèrement désoler.
-Ce n’est rien, moi aussi je le suis.

Elle prit Naska dans ses bras. Ils restèrent blottis l’un contre l’autre pendant un moment. Cet instant de sérénité s’arrêta lorsque Naïla repoussa légèrement son fils devant elle et se décida à lui avouer ce qu’elle avait sur le cœur depuis longtemps :
-C’était il y a quatorze ans exactement, j’étais enceinte de toi, au moment où tout a commencé. Je m’en souviens comme si c’était hier ; elle inspira un grand coup avant de s’élancer. Ton père faisait des rêves bizarres, lui aussi, il se réveillait en sueur et, à chaque fois que je lui demandais la raison de ces réveils brusques toutes les nuits, il ne voulait rien me dire, il me répondait que ce n’était qu’un mauvais rêve. Je ne le croyais pas, évidemment. Ce soir là, le dix février 1993, je ne l’oublierai jamais : c’est le jour où il m’a révélé son rêve. C’était presque le même que toi mais dans les siens, il n’y avait pas l’ombre noire, mais, il y avait aussi les cris : comme les tiens. S’il m’avait avoué ça, c’était parce qu’il n’en pouvait plus, il devenait nerveux… Et un jour, il s’est évanoui et a entendu une phrase similaire à la tienne. Sauf que lui, au lieu de « Ashklin », c’était : « Shagan » le nom prononcé, alors qu’il s’appelle Jacques. C’est alors que, après son évanouissement, il fit un rêve beaucoup plus précis que les autres, et était certain de savoir où se diriger pour trouver cet arbre-passage. Il m’en avait parlé et m’avait fait part de ses projets : aller là-bas et faire ce qu’il avait à accomplir, pour être libéré de ses rêves, ensuite, il reviendrait. Et je l’attends toujours. Je lui avais bien sûr dit de ne pas y aller, de rester qu’il devait m’aider, car tu allais bientôt naître et ton frère était encore jeune ; mais, après avoir fait ses adieux, horribles adieux, il partit en quête du " Peuple Oublié ". »

Elle renifla et une série de petites larmes cristallines coulèrent sur ses joues. Elle était triste de se remémorer cette histoire tragique, bien qu'elle se sentait énormément soulagée : c'était un poids en moins pour elle.

Naska repassait les paroles de sa mère dans sa tête, encore et encore, puis il en vint à cette conclusion :
-Mais alors, si papa y est allé, c’est que moi aussi je dois y aller.
-NON NASKA ! Cria-t-elle. Non, pas toi ! J’ai déjà perdu mon mari, je ne veux pas perdre mon fils ! Non.
-Mais, tu ne comprends pas ! Je suis obligé.
-Tu n’es pas obligé du tout. Au contraire, toi seul décides de ton destin.
-Exactement, donc si je choisis d’aider ces… Euh ? Individus ? C’est moi qui le désire. Et peut-être retrouverai-je papa…
-Non Naska ! S’il te plaît. Le supplia-t-elle.
-Maman, tenta-t-il pour l’apaiser, je n’ai encore rien décidé.

Naïla souffla pour de bon avant de prononcer ces paroles pleines de sagesse, qu’elle avait proféré à son mari quatorze ans auparavant, en espérant ne pas entendre la même réponse attristante qu’elle craignait par-dessus tout :
-Naska, je te laisserai faire le choix qui te semblera le plus juste. Je ne t’empêcherai pas d’accomplir ce que tu veux, que ce soit de partir ou de rester. Néanmoins, sache que je préférerais le deuxième choix.
-Merci, tu as dis là des paroles très sensées. Je t’en suis fortement reconnaissant.

Ils se turent en songeant qu’un simple choix pourrait tout changer. Naska en était conscient. Il savait qu’il devait partir, cependant, il ne pouvait pas abandonner sa mère, ni ses amis, ni son frère, qui avaient veillé sur lui lors de son séjour à l’hôpital.

Soudain, une idée le secoua, il l’exposa à sa mère :
-De toute façon, il ne faut pas que j’y aille seul. "L’union fait la force", c’est bien connu !

En disant cela, il venait aussi de montrer son choix : il partirait.

La jeune mère manqua de s’effondrer de désespoir en entendant son fils. Elle pensait qu’il allait prendre son temps avant d’opter pour l’une des deux réponses. Et, elle espérait encore, intérieurement, qu’il n’irait pas, qu’il resterait… Mais non, il voulait y aller, et, en plus, avec d’autres personnes. "Remarque, au moins, ils pourront se protéger mutuellement." songea-t-elle. Cette pensée lui redonna un peu d’espoir.

Naska, voyant sa mère dans cet état, lui sourit et lui promit : « Je ne serai pas seul et le départ n’est pas encore fixé à une date précise. Ne t’inquiète pas… »

« BAM »

C’était Jonathan qui venait de rentrer en claquant la porte. Celui-ci fit irruption dans la pièce en criant :
-C’est qui qui a pris mon skate ? Je suis sûr que c’est toi Naska ! Allez, rends le moi, vite !
-Hein ? Quoi ? Ton skate ? Dit le concerné, sans comprendre.
-Oui, mon skate, il est où ? Continua-t-il.
-Je ne sais pas moi. Il n’est pas en train de moisir dehors ? Tu l’oublies tout le temps là-bas.
-Ouais ! C’est ça ! Tu me l’as encore pris, oui !
-Jonathan ! Va voir dehors s'il te plaît. Ne vois-tu pas que nous parlions de quelque chose d’important ? Le coupa Naïla.
-Ah, bah oui ! C’est peut-être une question de vie ou de mort ?
-Exactement. Répondit Naïla gravement.
-allez, vas-y, fous-toi de moi.

Et il partit voir à l’extérieur, malgré le fait qu’il n’avait aucune envie de donner raison à son frère, il sentait qu’il valait mieux sortir de la pièce.

Naïla et Naska se regardèrent, mais ne se dirent rien, le moment était grave, mais les gens inconscients de ce qui se passait dans les forêts lointaines du peuple oublié, où planait une menace inconnue de tous. Tout d’un coup, Naska demanda à sa mère :
-Est-ce que papa t’a dit où se situait cette forêt ?
-Non, il ne le savait pas lui non plus.
-Mais comment vais-je faire pour la trouver ? Ça se trouve, il ne l’a jamais trouvé lui.
-Je ne sais qu’une chose : il m’a dit que ses rêves étaient de plus en plus précis et qu’il se sentait poussé vers une destination, sans savoir pourquoi… Mais ça, je te l’ai déjà dit. Il se sentait guidé.
-Mais alors, s’ils m’ont choisi, ils me guideront aussi.
-Oui, je pense aussi, mais, es-tu vraiment sûr de vouloir partir ?
-Ce n’est pas une question de vouloir ou non, c’est une question de vie ou de mort d’un peuple.
-C’est exactement ce que m’a dit ton père la dernière fois que je l’ai vu. Soupira-t-elle.
-Maintenant, il faudrait savoir avec qui je peux y aller. Dit le jeune homme pour changer de sujet.
-Des gens en qui tu as une totale confiance et, qui seraient prêts à partir sans se forcer. Car l’aventure est dangereuse, tu t’en doutes.
-Oui, mais je ne vois pas qui.
-Tes copains. Suggéra-t-elle.
-Tu as oublié ce qui s’est passé la dernière fois ?
-Non, bien sûr que non. Alors qui d’autre ? Tu sais que ce sont les seuls. Si je leur explique, ils me croiront. Qu’en penses-tu ?
-Mouaif, bof, ils vont te prendre pour une folle.
-Qui ne tente rien n’a rien !

Ils se quittèrent sur ces paroles.


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3 Re: PARTIE 1 La Totalitée ! le Jeu 27 Sep - 20:34

~¤~¤~
Chapitre 6 :
La question


-Mais alors c’est vrai ? C’est… Stupéfiant. Dit Aurélien d’un souffle.
-Oui, en effet… C’est époustouflant. Continua Michaël.
-Oula la la la. Soupira Daniel. Mais, c’est impossible.
-Et bien il faut croire que si !

Toutes ces réactions avaient été produites par les révélations de Naïla, elle, ils l’avaient crue du premier coup. Elle leur avait raconté l’histoire de son mari. Mais, quand il a fallu parler du voyage de Naska, ils prirent peur, bien qu’ils n’aient pas refusé, ils n’acceptèrent pas non plus. Ils promirent de réfléchir car ce n’était pas une mince décision. C’était quelque chose qu’il ne fallait pas prendre à la légère.

A force de réflexion et d’incertitude, ils finirent par la conclusion qu’ils iraient avec Naska, jusqu’au bout, ils l’avaient trahi une fois, ils ne le feraient pas de nouveau.

Ce fut le premier jour des vacances de Pâques qu’ils décidèrent de d’annoncer la nouvelle à leur ami et, tous, ils se jurèrent de rester ensemble, d’être toujours aux côtés les uns des autres à tout moment. C’est alors que les compagnons se demandèrent s’ils devaient en parler à Tina. C’était un choix très difficile : s’ils lui disaient, elle voudrait venir, s’ils ne disaient rien, elle se sentirait trompée, abandonnée par ceux qui étaient ses meilleurs amis. Ils ne savaient pas quoi faire. Naska fit part à sa mère de son indécision. Celle-ci lui répondit :
-Je pense qu’il vaudrait mieux que tu lui en parles ! Tu sais, je suis au courant des sentiments que tu lui portes, je l’ai remarqué toute seule, ne va pas croire que ce sont tes amis qui me l’ont dit. Voyant Naska rougir comme une tomate, elle ajouta vite : Mais bon, je disais, ce serait mieux si tu lui expliquais. Car il faudrait juste qu’elle soit mise au courant. Après tout, c’est à elle de décider d’où elle va.
-Mais, c’est risqué, je ne veux pas qu’elle souffre en venant.
-Je sais que tu tiens à elle, mais vois-tu, je parle d’expérience, c’est encore plus dur de vivre en sécurité loin de la personne que l’on aime, que de souffrir à ses côtés. Elle souffrira deux fois plus si tu ne la mets pas au courant.
-Tu as raison, mais tu sais, je crois que c’est trop dur pour moi.
-Je comprends, tu pourrais peut-être lui écrire une petite lettre.
-Euh… Je ne sais pas, c’est qu’elle pourrait croire que c’est autre chose…
-Oui, en effet, dit-elle en riant, ce n’est pas une très bonne idée, elle risquerait d’être déçue.
-Je… Je vais essayer de lui expliquer, mais… J’ai peur pour elle, elle va forcément venir.
-C’est exactement pareil pour moi, et c’est la deuxième fois.

Après quelques recommandations de sa mère, Naska décida de l’appeler pour lui donner rendez-vous au parc dans l’après-midi. Le parc était le meilleur endroit pour être tranquille et se balader en même temps.

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Chapitre 7 :
Le parc

Tina s’était dépêchée d’aller au parc suite au coup de téléphone de Naska. Depuis leur dispute, ils ne s’étaient presque pas revus, mais s’étaient pardonnés. Elle avait hâte de le revoir. Se demandant ce qu’il avait à lui dire, elle se prit à rêver qu’il lui avouerait son amour, qu’elle partageait totalement. Mais, aucun des deux n’était prêt à faire le premier pas.

-Coucou Tina, c’était Naska qui venait d’arriver, il l’avait observée sans qu’elle puisse le voir et encore une fois, il l’avait trouvée très belle, son cœur s’était emballé.
-Coucou Naska, répondit-elle en rougissant de ce qu’elle venait d’imaginer.
-Euh, tu vas bien ?
-Ça va, mais, dis moi, tu as l’air un peu bizarre.
-Oh non, c’est que, bon, on verra plus tard. J’ai un truc à te dire mais, je dois te le dire, j’ai peur de la réponse.
-Bin, dis toujours. Répondit-elle pleine d’espoir.
-Alors… Bon, je me lance. Commença le jeune adolescent en inspirant fortement. Je vais te raconter tout depuis le début, ça sera plus simple.
-Vas-y.
-Te rappelles-tu du moment où l’on s’était disputé ?
-Oui, il y a deux semaines environ. Soupira-t-elle déçue.
-C’est ça. Je commence par t’expliquer la cause de notre différent. J’ai expliqué aux copains que je faisais un rêve bizarre et que je sentais que c’était un appel au secours…
-Oui, ils m’ont raconté, mais dit-moi, j’aimerais que tu m’expliques un petit détail. Le coupa-t-elle.
-... Hum ?
-Le rêve, il est, euh, comment dire… Il est vraiment réel ?
-Oui. Et c’est pour ça que je suis ici. Parce que ce rêve, mon père le faisait aussi, et, ceci est la raison de son absence à la maison.
-C’est à dire ? Demanda la jeune fille, inquiète.
-Mon père est parti à la recherche de cette espèce de monde parallèle. Et il n’en est jamais revenu. Ma mère a pensé qu’il avait menti, qu’il l’avait trompé, et s’en voulait de s’être fait avoir si facilement. Quand je lui ai raconté mes rêves, elle a tous de suite su qu’il n’avait pas menti, et que… Que…
-Que quoi ? Gémit Tina, qui avait peur de comprendre.
-Qu’à mon tour, je partirais.
-Que quoi ? Répéta-t-elle les larmes aux yeux. Non, ce n’est pas possible…
-C’est pour te dire ça que je t’ai appelé. Nous avons décidé de partir bientôt, je voulais te prévenir.
-Qui ça « nous » ? Demanda-t-elle au bord des larmes.
-Daniel, Aurélien et Michaël.
-Mais vous n’allez tout de même pas partir, c’est une blague ? Sa voix se brisa.
-Non, ce n’est pas une blague, nous partirons bientôt.
-Mais tu ne sais même pas où tu vas. Finit-elle juste avant d’éclater en sanglot.
-Je trouverai, ne t’inquiète pas. Assura-t-il en la prenant dans ses bras et en lui soufflant des mots doux à l’oreille.
-Est-ce que je peux venir ? Demanda-t-elle en reniflant.
-Euh, je m’attendais à cette question, à vrai dire, ça n’appartient qu’à toi de choisir. Mais fais le bon choix s’il te plaît.
-Je viens ! Dit-elle en esquissant un léger sourire.
-Es-tu sûre ?
-Oui ! Répondit la jeune fille d’une voix ferme.
-J’ai peur pour toi. Si tu viens, tu te doutes que ce sera risqué, même très risqué.
-Oui ! Mais je ne te laisserai pas partir sans moi !
-Donc, tu veux venir ?
-Ouiii, je te suivrai jusqu’au bout du monde.
-Et bien je t’emmènerai jusqu’au bout du monde, et même des autres. Dit Naska tout doucement en caressant la tête de Tina, qui était toujours dans ses bras et, il la serra un peu plus.
-Naska… Merci. Souffla Tina en se blottissant entre les bras de son ami. Merci de m’accepter.
-Je n’aurai pas pu être loin de toi sans t’avoir expliqué.
-...
-Je crois que j’ai quelque chose d’autre à te dire. Quelque chose que j’aurais dû t’avouer depuis longtemps, trop longtemps. Quelque chose de beau et, je crois, que tu partages. C’est… C’est… C’est trop dur…
-Chut !

Tina mit son index devant la bouche de l’amour de sa vie. Elle approcha sa tête de la sienne, le regarda dans les yeux, et les vit palpitants d’amour. Elle l’avait toujours aimé, mais jamais approché. Elle avait si souvent rêvé de ce moment précis où Naska se déciderait à révéler sa flamme. Elle était si joyeuse qu’il l’ait fait ! Leurs lèvres se rapprochèrent, puis se touchèrent et ce fut le début d’un long baisé doux et passionné. Ce fut comme dans un rêve. Quand ce fut fini, ils s’enlacèrent et se regardèrent amoureusement. Quand soudain, ils entendirent un peu plus loin, les voix de leurs amis qu’ils connaissaient si bien. Michaël, Aurélien et Daniel approchaient et se figèrent en les voyant enlacés. Les trois amis se regardèrent et sifflèrent en riant :
-Wou ! Les amoureux !
-Et oui ! Sourit Naska en relâchant sa petite amie et en lui prenant la main pour s’avancer vers ses trois copains.
-Comme c’est mignon ! J’ai cru que tu n’y arriverais jamais mon vieux. Dit Daniel en lui donnant une petite tape sur l’épaule.
-Bin faut croire que j’y suis arrivé.
-Et oui ! Moi aussi j’attendais patiemment. Répondit Tina les yeux pétillants de bonheur et d’amour.
-Au fait, je ne lui ai pas avoué que ça… Dit-il en redevenant sérieux. Je lui ai parlé de notre voyage.
-Ah ? Et la réponse ?
-Je viens !
-Et je compte sur vous pour m’aider à la protéger.
-T’inquiète pas mon pote ! Nous sommes quatre gardes du corps pour ta gente demoiselle.

Ce fut un concert de rire interminable qui suivit cette phrase prononcée par Daniel.

Au bout d’un moment, chacun dut rentrer chez soit, Naska raccompagna son amie jusqu’à sa maison, lui dit au revoir puis, à son tour, il s’en retourna chez lui. Il rentrait dans sa chambre en sifflant quand sa mère l’appela :
-Naska ? Viens me voir s'il te plaît !
-J’arrive ! Lança-t-il joyeusement en redescendant l’escalier.
-Tu sembles heureux, dis-moi, c’est de lui dire que tu partais qui te rend si content ? Demanda-t-elle.
Un sourire malicieux se dessina sur les lèvres de Naïla.
-Pas tout à fait, mais elle a décidé de venir : c’est une partie de ma joie ! Et après je te laisse deviner.
-Hum, je crois avoir compris, sourit-elle. Mais dis-moi, de quoi as-tu parlé en premier ? S’inquiéta-t-elle.
Le jeune homme fit une moue déçue.
-Du voyage ! Hé ! Tu me prends pour qui ?
-Pour un jeune garçon fou amoureux qui ne vivrait pour rien au monde loin de sa bien-aimée !
-Oui, c’est vrai. Avoua-t-il en riant.
-Tu lui as bien exposé tous les dangers et tout, hein ?
-Oui, oui, ne t’inquiète pas ! Fit-il agacé. De toute façon elle ne voudrait pas vivre loin de moi.
-Qu’est-ce que tu en sais ?
Il tira la langue en assurant :
-Elle me l’a dit !
-Tu as besoin qu’elle te le dise pour savoir ça ?
-Non.
-Ah ! Tu me rassures, rien qu’en la voyant te regarder, on voit à quel point elle t’aime.
-Et moi ? Ça se voit ?
-Non, ça s’entend, quand tu parles d’elle et tu fais toujours allusion à elle !
-Moi qui pensais être discret, c’était raté !
Naïla redevint sérieuse et demanda :
-En effet. Mais revenons en au voyage, tu en sais un peu plus ?
-A vrai dire, non, mais je crois qu’il faut que je parte vers le Nord, tu sais les grandes forêts… Je me sens attiré là-bas.
-C’est exactement ça, ton père se sentait attiré ! Mais il n’a pas voulu me dire par où.
-Maman, je pense qu’il faut que je parte le plus vite possible, tu le sais.
-Oui, je le sais, mais tu comprends bien que c’est dur pour moi…
Naska baissa les yeux.
-Oui, souffla-t-il. Je suis désolé de te faire souffrir une deuxième fois.
-Tu n’y es pour rien. Répondit-elle, et une larme roula sur sa joue.
-Il faudrait tout de même savoir quand est-ce que nous partons.
-Ça, il faut en parler avec tes copains.
-Et avec toi !
-Pourquoi avec moi ?
Il sourit tristement.
-Parce que tu es la seule qui puisse nous aider.
-Mouais, nous sommes dimanche, c’est ça ?
-Oui.
-Et bien invite les demain pour que l’on en parle et pour commencer les préparatifs.
-Ok. Je vais les appeler.


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4 Re: PARTIE 1 La Totalitée ! le Jeu 27 Sep - 20:37

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Chapitre 8 :
Une décision importante


"Toc toc toc"
-Oui ?
-C’est nous !
-Entrez ! Dit Naska en se dirigeant vers la porte. Il l’ouvrit et fit entrer ses amis.
-Salut ! Je vous attendais. Ça va ?
-Oui, et toi ? Répondirent-ils tous en même temps
-Ça va, ça va ! Il regarda Tina et lui sourit, elle lui rendit son sourire.
-Ta mère est au salon ? Demanda Daniel après avoir consulté les deux autres garçons, ayant aperçu le petit échange entre les deux jeunes amoureux.
-Oui. Dit-il avec un regard reconnaissant envers son ami, qui lui fit un petit clin d’œil en retour. Allez-y, on arrive tout de suite.
-Allez on y va ! Go !

Les trois garçons s’en allèrent laissant ainsi Naska et Tina seuls. Le jeune homme s’approcha de sa bien aimé et lui souffla des mots doux à l’oreille. Il la prit dans ses bras et l’embrassa pour la deuxième fois, mais ce fut moins long que la première fois, dans le parc, bien qu’il soit tout aussi passionné.

-Tu sais que tu m’as manqué. Chuchota Tina.
-Toi aussi, je n’ai fait que penser à toi.
-Oh ! Comme c’est mignon !

Tina et Naska sursautèrent, c’était Jonathan qui venait de sortir de la cuisine. Naska rougit comme une tomate et ne trouva rien à répondre à cet affront.

-Dis-moi, tu ne me la présentes pas ?
-Si,si. Tina voici Jonathan, mon frère ; Jonathan voici Tina.
-Et qui est-ce ?
-A ton avis ! Bon faut qu’on y aille nous.
-Où ça ?
-Ça ne te regarde pas !
-Mais si ! Tu veux que je le dise à maman ?
-Dire quoi, il n’y a aucune honte, et elle est déjà au courant.

Voyant qu’il avait cloué le bec de son frère, il le poussa sur le côté et entraîna Tina jusqu’au salon. Naïla, Daniel, Aurélien et Michaël attendaient patiemment, quand les deux jeunes gens entrèrent, ils virent sur les visages de leurs amis une expression qui pouvait signifier quelque chose comme « Enfin » ou encore « C’est pas trop tôt » Naska voulut s’expliquer mais Tina fut plus rapide que lui et raconta :
-J’ai fait connaissance avec Jonathan.
-Ah ? S’étonna Naïla, c’est bizarre je ne l’ai pas entendu se moquer de Naska ou lui crier dessus ! Qu’est ce que tu lui as fait ? Continua-t-elle en riant.
-Euh, je ne sais pas madame.
-Oh, s’il te plaît ! Appelle-moi Naïla et dis-moi tu.
-Si vous…Si tu veux. Se reprit-elle avec un grand sourire.
-Bon alors parlons de ce qui nous intéresse !
-Bonne idée ! S’exclama Aurélien qui commençait à se demander ce qu’il faisait ici.
-Alors la question était de savoir quel jour nous devrions partir, et que devrions-nous emporter. Rappela Michaël.
-C’est ça. Mais Naska a précisé que le plus tôt serait le mieux.
-Oui, approuva-t-il, je sens de plus en plus monter la tension dans mon rêve ? Je crois qu’ils ont peur que je ne vienne pas. Si seulement je pouvais leur dire : j’arrive ! Ne vous inquiétez pas ! En plus je suis accompagné. Mais ce n’est pas possible. Ou tout du moins, je ne sais pas comment faire.
-Je comprends ta détresse. Le réconforta sa mère. Mais je ne peux rien de plus, je t’ai dit tout ce que je savais.

Tina se mit derrière celui-ci et lui entoura les épaules de ses bras. Ainsi, Naska se sentait beaucoup mieux. Ils restèrent comme ça pendant que la discussion continuait. Daniel le tira de ses pensées en demandant :
-Es-tu d’accord ?
-Hein ? De quoi ?
-Pour partir le neuf, c’est samedi. Répéta-t-il en soupirant.

Il regarda les autres et, d’un commun accord, il répondit :
-Ok ! Nous partirons donc samedi. Tout le monde est-il bien sûr ?
-Oui ! Répondirent-ils en chœur.
-Au fait, interrogea Naïla, avez-vous parlé du voyage à quelqu'un d’autre ?
-Non.
-Vous n’avez pas prévenu vos familles ?
-Non.
-Et comment allez-vous faire pour expliquer votre départ ?
-Euh, à vrai dire, je n’y avais pas pensé. Avoua Tina.
Elle regarda les autres, s’attendant à la même réponse.
-Moi non plus, enchaîna Michaël suivis par Aurélien et Daniel.
-Ne pourrions-nous pas partir une nuit ? Proposa Naska.
-C’est une bonne idée ça ! Approuva Naïla. Mais vous ne trouvez pas bizarre que nous partions tous en même temps ?
Aurélien fit mine de réfléchir, puis son visage s’illumina, et il proposa :
-Parfaitement, on pourrait faire une petite lettre personnelle chacun et la laisser avant de partir.
-Oui, pas mal.
-Et aussi, une chose Maman : Tu n’es au courant de rien ! N’est ce pas ?
-Oui, bien sûr ! Comme pour ton père, soupira-t-elle.
-C’est ça… Excuse-moi.
-Ce n’est rien, c’est moi qui y ai fait allusion.
-Bon, euh… Passons à l’équipement.
Daniel grimaça, ce qui les fit tous sourire, et dit d’une voix faussement désespérée :
-Oula ! La question est fort difficile.
-En effet, c’est pourquoi je la pose, surtout qu’il faudra pouvoir se procurer ce qui nous manque une fois que nous aurons dressé une liste.
-Et se le procurer sans attirer l’attention des gens.
-Des gens qui pourraient témoigner de nous avoir vendu, ou vu avec, plein de choses.
-Plein de choses pour un grand voyage ! Finit Daniel.
-Oua ! C’est qu’à nous tous on est fort !
-Mouais, l’union fait la force ! C’est bien connu, et nous aurons bien besoin de cette union, je pense !
Ils se regardèrent, pensif, et se remirent à réfléchir.
-Je vous rappelle que nous sommes à pied, donc il faut prendre le moins d’affaires possible, et des plus légères.
-Exactement, l’indispensable quoi !
-C’est à dire : rouge à lèvre, maquillage… Plaisanta Tina.
-Ah non ! Tu es très belle comme ça, tu sais. Rit Naska.
-A bon ? Je suis belle ? Fit-elle l’air de rien.
-Bin oui ! Mais nous ne sommes pas là pour parler de ça.
-Je m’ennuie, fit remarquer Aurélien.
-Oh, c’est bon, si on ne peut plus rigoler maintenant. Soupira Daniel.
-Ce n’est pas ça, c’est que l’on n’avance pas.
-Oui, pardonne-nous. Bon, alors, il faudrait un sac à dos, de quoi manger et boire, des couvertures…

Ainsi, ils dressèrent la liste de ce dont ils avaient besoin. Ils la levèrent tant bien que mal, car, pour chaque objet, ils débattaient pendant un certain temps de son utilité. L’énumération terminée, ils firent le point sur ce qui leur manquait et se répartirent les achats. Ils décidèrent d’aller faire leurs emplettes le lendemain, mardi. Les complices se quittèrent en se promettant de se retrouver le jour suivant dans un coin sombre du parc, une fois qu’ils auraient tous tout trouvé.

« Ding dong »

Naska rentra dans une boutique de montagne pour prendre des chaussures avec lesquelles il pourrait marche, courir et grimper, en cas de besoin. Il lui manquait aussi un sac de couchage qui résiste au froid, léger et peu encombrant.

-Vous désirez ? Demanda le vendeur en voyant Naska chercher dans le rayon des chaussures de montagne.
-Je cherche des chaussures qui tiennent bien le pied mais avec lesquelles je puisse courir et même grimper.
-Hum… Attendez-moi ici. Je pense avoir ce qu’il vous faut.
-D’accord.

Le vendeur revint au bout de deux minutes avec une paire de chaussures, il la présenta à son client en disant :
-C’est une paire qui est faite pour courir, grimper, sauter… Elle est étanche et confortable, le système de laçage, il les montra, assure un bon maintien du pied. Le seul problème pourrait être le budget.
-Parfait, ce n’est pas un problème ! En avez vous en pointure quarante, s’il vous plaît ?
-Bien sûr. Il regarda l’étiquette de celles qu’il avait dans les mains. Celles-ci sont en quarante-deux, je vais en chercher d’autres.

Après avoir essayé du quarante, puis du quarante et un, il opta pour la plus grande des deux paires, trouvant l’autre un peu trop petite. Il choisit un sac de couchage, paya le tout et sortit.

« Driiiing »

Michaël pénétra dans une boutique de sport qui ne vendait que des sacs à dos et des petites bricoles.

-Bonjour !
-Bonjour ! Puis-je vous aider ?
-Oui, je voudrais un sac qui ne soit pas trop lourd, qui puisse contenir pas mal de choses et qui ne soit pas gênant pour courir.
-Et bien il y en a plein. Cela dépend du prix que vous pouvez y mettre.
-Il m’en faudrait un pas trop cher mais de bonne qualité, si possible.
-Dans ce cas, j’ai celui-ci. Exposa le vendeur en désignant un sac du doigt. Prix convenable, confortable, bon maintien sur les épaules : il ne peut pas bouger, résistant, imperméable et, de la place.

Il le décrocha de son présentoir pour le montrer de plus près au jeune homme qui put ainsi l’essayer.

-Cela me convient. Conclut Michaël.
Il remercia le vendeur et se dirigea vers la caisse après avoir pris une gourde. Quand il eut payé, il continua son chemin en direction du parc. Il Marchait en sifflotant d’un air joyeux. Il évitait les grandes routes où l’on pouvait le voir avec ses achats. Arrivé au parc, il se rendit au lieu de rendez-vous et cacha ses emplettes sous un buisson après avoir vérifié que personne n’était dans les parages, il aperçut Naska non loin et lui fit un clin d’œil. Ils attendirent assis sur un banc proche des deux cachettes, elles étaient juste à côté l’une de l’autre, jusqu’au moment où Daniel arriva ; En quelques signes Michaël montra où ils avaient rangés les affaires. Le nouveau venu y ajouta les siennes et rejoignit prudemment son ami.

-Salut ! Ça fait longtemps que tu attends ?
-Moi ça fait environ dix minutes quand même. Mais Naska était déjà arrivé. Il est parti faire je ne sais pas quoi il va bientôt revenir.
-En même temps, vous n’aviez pas grand chose à prendre.
-C’est vrai. Alors tu as tout trouvé ?
-Ouais, ouais. Ils se bougent un peu, oui ? J’aimerais bien rentrer moi !
Ils soupirèrent.
-Moi aussi, mais bon. Dit Michaël. Ah, revoilà Naska.
-Salut ! Lança celui-ci. Ça va ? Vous avez une de ces têtes.
-Oui, mais je voudrais rentrer chez moi. Se plaignit Daniel.
-Bof, ça fait un moment que j’attends ici…
-Ah… Je vois, vous en avez déjà marre avant d’avoir commencer, c’est ça ?
Les deux garçons se regardèrent, honteux.
-Mais nan ! C’est juste que l’on est un peu… Comment dire ?
-Stressés ? Proposa Naska.
-Sûrement, oui je crois. Avoua michaël.
-C’est normal, moi aussi je le suis. Je comprends ce que vous pouvez ressentir. Même si, je le sais, pour vous c’est encore pire : vous ne percevez pas cet appel et vous n’êtes pas sûr de sa fiabilité. Mais est-ce que vous me faites confiance ?
-Évidemment, tu as tout à fait raison : nous ne sommes pas sûrs qu’il va tenir jusqu’au bout cet appel, il pourrait nous lâcher n’importe quand.
-Si tu as confiance en moi, tout se passera bien. Comme je te l’ai dit : c’est un S.O.S., donc il ne risquent pas d’arrêter de me l’envoyer.
-Hum. Fit Daniel peu convaincu.
-Tu peux aussi abandonner maintenant. Je comprendrais tu sais.
-Non mais ça ne va pas. J’ai dit que je venais, donc je viens.
-Bonjour ! Lança Tina.
Naska lui sourit, heureux de sa présence.
-Ah, te voilà. Tu m’as manqué. Murmura Naska pour qu’elle seule entende.
-Toi aussi, lui souffla-t-elle avant de saluer les autres et de cacher ses achats.
-Il ne manque plus que Aurélien.
-Il ne manquait, plus que Aurélien. Remarqua Michaël en l’apercevant à l’angle du chemin.
Ils se retournèrent, tous, d’un même mouvement.
-Super ! Nous allons pouvoir voir où nous en sommes.
-Oh ! Mais je suis le dernier, pour changer, plaisanta le nouvel
arrivant. Ça va ? Vous avez l’air morose.
-Bin faut dire que nous partons bientôt, et nous ne savons pas trop où cela va nous mener.
-Hooo… Mais il faut voir le bon côté des choses, nous allons venir en aide à un peuple, il fait beau, nous allons vivre une super aventure…
-Certes, mais ce n’est pas un jeu.
-Bref. Coupa Naska. Est-ce que vous avez tout trouvé ?
-Oui ! Répondirent-ils en chœur.
-Super ! C’est déjà un bon début ! Fit Naska rassuré.
Tina se rapprocha de lui, planta ses yeux dans les siens, et lui dit, timidement :
-Naska… Je crois qu’il serait bon de rentrer chacun chez soi, pour ne pas éveiller les soupçons.
-Bonne idée Tina. Approuva Michaël. Et nous avons tous besoin de nous reposer, ainsi que de passer un peu de temps en famille.
-Vous avez raison, il faudrait juste trouver un moyen d’emporter tout ça chez moi. Dit-il en désignant les cachettes d’un geste vague de la main. Parce que il n’y a pas mal de monde dans les rues à cette heure de la journée.
-Nous n’avons qu’à laisser ici nos achats, rentrer chez nous et revenir les chercher quand il fera plus sombre, dans deux ou trois heures. Répondit Aurélien en regardant sa montre, elle indiquait dix-huit heures.
-Ok, on se retrouve ici à vingt heures trente alors ? Il devrait faire assez noir.
-C’est bon pour moi. Répondit Daniel.
-Moi aussi, continua Tina.
Les autres hochèrent la tête en signe d’approbation.

~¤~¤~


-Attention ! Souffla Michaël. Deux hommes au coin de la rue. Derrière les poubelles ! Vite !
-Oh non ! Je crois qu’ils viennent dans notre direction. Soupira Daniel en se cachant entre le mur d’un bâtiment proche et un gros massif.
-Chut ! Plus un bruit murmura Naska en sentant Tina se blottir contre lui.

TAP TAP TAP
Les bruits de pas se rapprochaient de plus en plus à un rythme croissant, les voix se faisaient plus fortes et plus distinctes.

TAP TAP TAP
Les jeunes gens retinrent leur respiration, ils étaient à deux pas des inconnus, un simple froissement de tissu, le moindre bruit trahirait la présence des adolescents. Daniel, qui était le plus proche, vit un des hommes se baisser pour ramasser les clés qu’il venait de faire tomber, il se crut découvert quand il les entrevit de l’autre côté du buisson, il se tapit encore plus qu’il ne l’était, si bien qu’aucun individu, non prévenu, n’aurait pu le voir. Ce jour là, il se félicita d’avoir mis des habits de couleurs sombres et pria pour que ses amis aient eu la même idée et, qu’ainsi, ils ne se fassent pas remarquer.
Il vit la main de l’homme fouiller le buisson, à la recherche de son trousseau, les doigts passèrent dangereusement proches de la tête du garçon figé. Ils finirent par se resserrer sur ce qu’ils recherchaient, et Daniel faillit en soupirer de soulagement, mais il se retint.

CLIC CLAC
Une clé tourna dans la serrure et un homme entra, aussitôt suivit par l’autre. Aurélien regarda avec horreur la fenêtre derrière lui : une lampe venait de s’allumer, et une silhouette s’en rapprochait. Le jeune homme était en plein dans le champ de vision qu’offrait la lumière qui passait à travers la fenêtre. Il se jeta contre le mur et fut soulagé lorsque l’inconnu s’éloigna : il venait de fermer les rideaux.

Les cinq aventuriers se regardèrent et chacun put discerner dans les yeux de l’autre, la peur de ce qui venait de se passer et le soulagement que ce soit terminé.
D’un commun accord, ils se levèrent, pliés en deux pour ne pas se faire remarquer, et coururent sans bruit. Quand ils arrivèrent chez Naska, Naïla les attendait. Ils cachèrent les affaires, sans échanger de paroles, puis ils allèrent à la cuisine pour raconter à la jeune mère cette soirée forte en émotion. Elle soupira de soulagement en entendant Michaël dire que finalement personne ne les avait vus. Elle conclut en disant que ceci était un avant goût de ce qui allait se passer : quitter la ville sans se faire repérer, ensuite aller jusqu’au sous-bois un peu plus au nord de chez eux et trouver un moyen de parvenir aux grandes forêts, où Naska se sentait attiré. Ils se jurèrent, tout de même, de faire un peu plus attention dans le futur.

Ils se dirent au revoir, et convinrent de ne pas se revoir avant le départ, samedi. Ça commençait à vraiment se rapprocher et ils devaient prendre du bon temps en famille : ils savaient quand ils partaient, mais pas ils rentreraient ; et ce qui était sûr, c’est que ce n’était pas de si tôt.


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