1
PARTIE 1 La Totalitée ! le Jeu 27 Sep - 20:30
Le Peuple Oublié
Partie 1 :
Le rêve
Chapitre 1 :
Honteuse révélation
Partie 1 :
Le rêve
Chapitre 1 :
Honteuse révélation
-Quoi ? Que se passe-t-il ? Hurla Naska qui venait de se réveiller en sursaut.
-Encore ce rêve, soupira-t-il, il ne me quittera donc jamais ? »
Naska était un jeune homme qui avait 14 ans, depuis la veille : le 9 mars 2007, il était dans la moyenne de taille pour ceux de son âge. Il possédait de beaux cheveux bruns plutôt longs et légèrement ondulés, ce qui lui attirait beaucoup de regards en coin de la part des filles. Ses yeux, d’un bleu profond et insondable, n’y étaient pas pour rien non plus : on s’y noyait si facilement, ainsi que son corps athlétique. Au collège, Naska avait beaucoup d’amis.
Le jeune garçon descendit de sa chambre, qui se situait à l’étage de la maison où il vivait avec sa mère et, pour son plus grand malheur, avec son grand frère, Jonathan, qui ne pouvait pas s’empêcher de l’humilier ou de faire éclater des disputes autour de lui. Celui-ci avait 17 ans et, comme Naska, avait les des cheveux bruns et les yeux bleus à la différence que ses cheveux étaient courts, presque rasés, et ses yeux étaient froids et cruels.
En arrivant dans la cuisine il vit sa mère faire chauffer du lait et griller des tranches de pain.
-B’jour M’man. Je peux ?s’inquiéta-il en s’approchant du grille-pain.
-Bonjour Naska, répondit-elle en souriant, je les ai faites pour toi.
-Merci !
-Hé forcément pour le p’tit gamin on fait tout. Tu veux un biberon ? Ricana Jonathan qui faisait irruption dans la pièce.
-C’est pas vrai…
-Oh ! Taisez-vous à la fin ! Coupa Naïla, leur mère.
-Mais…
-C’est bon Naska. Soupira-t-elle.
Cinq minutes plus tard, Naska, toujours énervé par cette nouvelle humiliation, était sur la route du collège. « Au moins, là-bas il ne risquera pas de m’embêter » se réconforta-t-il.
En effet, son frère avait été renvoyé du collège trois mois auparavant car il avait causé une bagarre où il avait cassé le bras d’un cinquième, malgré son âge, il était encore en troisième.
-Naska ! Tu rêves ?
C’était Tina, sa meilleure amie très jolie à ses yeux d’ailleurs, qui le tirait de ses pensées. Il lui sourit et répondit :
-Oui, sûrement un peu ! Comment vas-tu ?
-Bien, merci.
-Au fait tu sais, si je faisais un beau rêve, tu serais dedans !
-Ah ? À bon ? Dit-elle en rougissant.
Il se contenta de sourire. En entendant la sonnerie, qui annonçait que les élèves devaient se mettre en rang, ils se firent un bref au revoir en se promettant de se revoir plus tard.
-Alors ! T’es toujours en train de la regarder dis donc, se moqua gentiment Michaël.
-C’est vrai qu’elle est jolie ! Ajouta Aurélien en souriant avec un regard tout de même rêveur.
- Et elle n’est pas indifférente à toi ! L’attaqua Daniel en s’esclaffant.
-Mouais, ho c’est bon ! Pff. Bougonna-t-il à l’adresse de ses amis.
Tous se mirent à rire de bon cœur.
Michaël, grand et doté d’une force impressionnante, était, en quelque sorte, le chef de leur petite bande. Il avait les cheveux mi-longs d’une couleur châtain clair et les yeux verts. On ne le voyait jamais sans Aurélien, ils étaient vraiment inséparables. Celui-ci, au contraire, était petit mais possédait une intelligence extraordinaire. Daniel, lui était joyeux, toujours souriant et prêt à réconforter ses amis : il ne supportait pas de les voir tristes.
-Bon, faudrait y aller : la vieille arrive ! Fit remarquer Naska.
-Ouais, bof. Je n’aime pas les maths. Répondit Michaël.
La vieille, c’était Madame Viltorine : un professeur de mathématiques extrêmement sévère. Aucun élève ne l’appréciait, et même certains de ses collègues contestaient son enseignement car malgré se sévérité, elle n’était pas très compétente, ses cours en demeuraient donc incompréhensibles.
Ils entrèrent en classe pour deux très longues heures de maths. Quand enfin la sonnerie de la récréation retentit, tout le monde rangea ses affaires et se rua dehors. Naska et ses amis se dirigèrent vers un coin désertique de la cour pour être tranquille : Naska devait leur dire quelque chose que eux seul devaient savoir.
-Qu’y a-t-il de si important ? Questionna Daniel soucieux.
-C’est… Heu… Est ce que je vous ai déjà parlé du rêve que je fais depuis quelques temps ?
-Non ! Répondirent-t-ils tous en même temps.
-Alors voilà : ça fait environ une semaine que je rêve de la même chose toutes les nuits, et ça paraît tellement réel… J’ai comme l’impression que ça se passe ailleurs, loin, très loin. Commença-t-il d’un air énigmatique.
-Mais c’est impossible ! Renchérit Aurélien sceptique.
-Oui, c’est vrai, soupira le jeune garçon, je le sais mais je t’assure que…
- Raconte-nous ! Coupa Michaël soudain intéressé.
-Euh, alors promettez moi de ne pas vous moquer de moi. Les supplia-t-il.
-Oui, bien sûr, après tout ce n’est qu’un rêve. Promirent-ils.
-Non, je ne suis pas sûr je vous l’ai déjà dit. Voilà mon rêve : moi, je suis comme un esprit invisible qui assiste à l’action, comparable au vent. Je me trouve dans une forêt très fournie, principalement de chênes, très verdoyante, enfin magnifique quoi ! Et là, apparaissent des petits êtres vivants d’environ un mètre, dotés de grandes ailes, de longs doigts, leur visage est bleu comme tout le reste de leur corps et doté d’un nez considérable, de grandes oreilles pointues et de deux petits yeux, généralement noirs. Ils courent vers un arbre gigantesque et grimpent avec agilité jusqu’au sommet, arrivés en haut les deux personnages rentrent dans une anfractuosité de l’arbre et là il y a, aussi invraisemblable que cela puisse paraître, un passage vers je ne sais quel autre monde parallèle ! Dans cet endroit, qui semble être peuplé de ces petits êtres, je vois pleins de cabanes, de maison construites dans les arbres, des tentes, des espèces d’auberges, de grands jardins… Et tout cela est en harmonie pure avec la nature. Les personnages sont vêtus de feuilles et de tiges tressées, ils sont très joyeux, fêtards, et extrêmement agiles de leurs mains. Ce sont d’excellents grimpeurs et ils se déplacent avec une souplesse et un silence parfait. Comment dire ? Je suis émerveillé. Et soudain tout devient noir, il y a des cris horribles, perçants. Je suis convaincu que c’est un appel pour me dire de leur venir en aide.
-Hé ! Tu délires mon gars là. Rit Michaël.
-Elle est bien jolie ton histoire mais je ne vois pas en quoi elle pourrait être réelle, continua Daniel.
-Mais vous ne comprenez vraiment rien ! Ils m’appellent, j’en suis sûr maintenant. Et vous aviez promis de ne pas vous moquer. Leur répondit Naska irrité.
-Ho ! Atterri ! Tu me fais peur là, commença à s’inquiéter Aurélien, et, puis comment veux-tu les trouver SI ils existaient ? Peut-être vont-ils te donner l’adresse, non ? Dit-il en insistant sur le "si".
-J’EN AI MARRE, cria l’incompris, ET VOUS VOUS DITES MES AMIS ?
-Oui, nous sommes tes amis, dit sérieusement Daniel, mais avoue que ce n’est pas une histoire ordinaire !
-CE N’EST PAS UNE RAISON POUR NE PAS ME CROIRE ! ! Hurla cette fois Naska.
Et il laissa ses amis plantés là se sentant plus ridicule qu’autre chose et se maudit de leur en avoir parlé. « J’aurais dû garder mon secret pour moi » marmonna-t-il, quand soudain, une main toucha délicatement son épaule.
~¤~¤~
Chapitre 2 :
Mauvais rêve
Chapitre 2 :
Mauvais rêve
-Quoi encore ? Dit Naska avec fougue.
-Comment ? Qu’est-ce que tu as ? C’est juste moi, répondit Tina, étonnée du comportement du jeune homme.
-Oups ! Excuse-moi. Je suis énervé. Dit celui-ci honteux.
-Ce n’est rien. Mais que s’est-il passé ? Tu n’es pas avec tes copains ?
-Copains ? Tu parles ! Ils se moquent de moi pour rien. Je leur ai raconté quelque chose et ils se sont payés de ma tête, répondit-il outré, t’appelle ça des copains toi ?
-Heu, bin, je ne sais pas, c’était peut-être pour rire, tu ne crois pas ?
-Ha ha ! C’est super drôle dis moi, répondit-il de mauvaise humeur.
-Oh ! Mais si tu le prends comme ça, je peux te laisser, j’ai d’autres choses à faire. Je voulais juste t’aider.
-Et bien pars ! Si je t’embête.
Elle partit sans un mot de plus, se demandant ce qui s’était réellement passé. Puisque Naska ne voulait pas y mettre du sien, elle le laisserait se débrouiller seul. Et puis pourquoi lui parlait-il comme cela à elle alors qu’elle ne lui avait rien fait ? Tant de questions fourmillaient dans sa tête et restaient sans réponse. La jeune fille se secoua un peu pour penser à autre chose puis se dirigea vers un groupe de fille où elle aperçut quelques unes de ses amies.
Pendant ce temps là, le petit groupe que Naska avait laissé n’avait pas bougé, tous se posaient les même questions : leur ami était-il devenu fou ? Etait-ce vrai ? Non, impossible, ces petits êtres et ce passage -qui menait Dieu sait où- ça n’existe que dans les rêves ! Oui, c’était bien un rêve, et pourtant, Naska essayait de leur prouver le contraire. Cette dispute était vraiment bête, elle n’avait aucun sens. Ce fut Michaël qui prit la parole pour dire ce que tous pensaient :
-On devrait aller le voir, s’excuser et ne plus en parler.
-Oui, mais il va forcément revenir dessus : tu le connais, ça va recommencer, soupira Aurélien.
-Et bien on lui expliquera que nous ne sommes pas en mesure de comprendre, suggéra Daniel, et, sans se fâcher, nous aborderons un autre sujet. Je ne peux pas le laisser comme ça, il a l’air si triste !
-Je vous propose d’essayer plus tard ! Parce que là ça sonne.
-Oui, il vaut mieux prendre du temps pour être sûr de ne pas empirer la situation. Tu as raison Daniel : c’est insupportable de voir une ami triste. Je ne l’avais jamais vu comme ça avant ! Cela doit le tourmenter depuis un moment pour qu’il nous en parle.
Daniel et Michaël approuvèrent d’un signe de tête et tous trois se dirigèrent vers le rang. Ils virent Naska tout seul derrière, il semblait bouder.
En réalité, il était en colère contre lui-même, contre ses compagnons de bande et également contre sa meilleure amie, ce qu’il regrettait terriblement, et à la fois il était honteux. Il vit ses camarades devant mais il ne les rejoignit pas, pas tout de suite, il désirait d’abord réfléchir seul. Il avait conscience de s’être comporté stupidement mais ne voulait pas s’excuser en premier, il attendrait.
Le professeur arriva et tous entrèrent en classe. Parmi les membres de la petite bande, aucun n’arrivait à se concentrer sur les exercices donnés, ils restaient préoccupés par les évènements précédents. Ainsi se poursuivit donc le cours de français. La fin du cours arriva et suivit celui d’histoire ; qui se déroula dans les mêmes conditions. Quand enfin ce fut midi, Naska se dépêcha de ranger ses affaires et sortit ; contrairement à ses amis, lui, rentrait chez lui pour manger.
-Naska ? Que se passe-t-il ? S’étonna sa mère en le voyant arriver.
-Rien, ça ne regarde que moi, grogna-t-il d’une humeur massacrante.
-Ne me mens pas, tu sais que je te connais mieux que n’importe qui ! Et je vois que tu as un problème. Je peux peut-être t’aider.
-Oui je le sais et je m’en passerais bien. Non tu ne peux pas m’aider cette fois, je te l’ai déjà dit, ça ne regarde QUE MOI.
Naïla avait l’art de toujours voir quand son fils avait un problème. En l’occurrence là, même sans cette qualité elle l’aurait vu. Elle en déduisit qu’il y avait eu une dispute entre ses amis et lui, ce qui n’arrivait quasiment jamais. La jeune femme décida de les aider indirectement, mais pour cela il fallait qu’elle sache de quel genre de querelle il s’agissait. La mère de l’adolescent voyait surtout que son enfant avait beaucoup de remords, ça aiderait sûrement à la réconciliation. Elle changea de sujet pour calmer la tension et servit le repas.
Naska mangea en silence, il hésitait entre tout raconter à sa mère, qui saurait quoi faire, ou ne rien dire. Il avait remarqué la manière habile dont elle posait ses questions pour savoir indirectement ce qui s’était passé, mais il les évitait en se plongeant avec une intense concentration sur le contenu de son assiette. Au bout de dix minutes, il n’y tint plus, c’en était trop pour lui, il leva le nez de son assiette et plongea ses yeux dans le regard protecteur de sa mère, qui l’incitait à tout raconter, et commença :
-Bon alors ça s’est passé ce matin, à la récré, j’ai raconté un truc à Michaël, Aurélien, et Daniel… Et ils se sont moqués de moi, alors que je leur avais fait promettre, même pas deux minutes avant, de ne pas se moquer ! Ils n’ont pas tenu leur promesse. S’indigna-t-il. C’était un truc super important et là, Pam ! Ils rigolent ! Pas loupé ! Et ils me prennent pour un débile maintenant.
-Et quel est ce "truc" ? Questionna Naïla pensive à propos des révélations de son fils.
-C’est… C’est, bégaya-t-il, mais toi aussi tu vas dire que ce n’est pas vrai, que ce n’est qu’un rêve, que…
-Non, le coupa-t-elle, tu as commencé à me raconter, donc maintenant tu continues. J’aurais honte de me moquer de toi ! Une mère qui se moque de son enfant, c’est du jamais vu !
Il lui relata donc tout, son rêve, depuis combien de temps il le faisait, les sentiments qu’il éprouvait à chaque fois et comme prévu, elle ne se moqua pas, au contraire : elle avait semblé soucieuse, au cours du récit elle avait hoché la tête à plusieurs reprises, comme si elle voyait de quoi il parlait. Cette fois, c’était au tour de Naska de poser des questions. Il regarda de nouveau sa mère droit dans les yeux, d’un regard implorant :
-Je vais peut-être dire quelque chose de bête mais, quand je t’ai raconté mon rêve, j’ai eu l’impression que tu savais de quoi je parlais, que… Que tu avais déjà vécu une histoire de ce genre ou je ne sais pas quoi qui y ressemble en tout cas, qu’on t’a raconté peut-être ?
Naïla se pinça les lèvres et se maudit intérieurement de son manque de discrétion émotionnelle, il ne devait pas être au courant, pas tout de suite. Elle lui mentit donc et dit, en essayant de paraître le plus naturel possible, qu’étant petite elle faisait parfois des rêves et que ses copines se moquaient d’elle, mais ses rêves à elle n’avaient rien à voir.
Naska était désespéré, il avait pensé que sa mère avait fait les mêmes rêves, en voyant son attitude, mais elle affirmait que non. Il était sur le chemin du collège quand soudain, tout bascula devant lui, tout devint noir, les bruits semblaient lointains. Il entendit le cri d’une femme appelant à l’aide, celui d’un homme au téléphone, puis il sombra dans l’inconscience. Il entra dans une espèce de transe où il fit de nouveau le même rêve, encore plus net que les précédents, cette fois il vit que les deux personnages avaient une mine terrifiée, angoissée, ce qu’il n’avait pas remarqué auparavant. Ils semblaient pressés, à l’instar des porteurs de mauvaises nouvelles. Comme d’habitude, tout finit par devenir noir, mais il ne se réveilla pas pour autant.
Dernière édition par le Jeu 27 Sep - 20:38, édité 1 fois







