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PARTIE 1 chapitre 5 le Mar 5 Juin - 23:17
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Chapitre 5 :
Après le réveil
Après le réveil
-Maman, il faut que je te dise quelque chose. Proféra Naska.
Ça faisait deux jours qu’il s’était réveillé, après une semaine d’une espèce de coma. Ses amis et sa mère avaient veillé sur lui et, même son frère était passé, ce qui l’étonnait beaucoup, bien qu’il en fut très touché. Celui-ci le niait obstinément. Le malade et ses compagnons s’étaient réconciliés, sans une parole. Dès le réveil de Naska, ses amis et sa mère s’étaient jetés sur lui, et avaient manqué de l’étouffer. Le jeune avait tout de suite compris qu’ils s’excusaient et, qu’ils étaient soulagés de le voir autrement qu’endormi.
-Dis-moi tout mon Naska. Débuta-t-elle.
-C’est au sujet du moment où j’étais indolent. Commença-t-il.
-Tu as refais un rêve ? Dit-elle tout d’un coup inquiète.
-Euh, oui. Mais ce n’était pas vraiment pareil.
-Comment est-ce que c’était ?
-Il y avait des voix, et j’éprouvais des sentiments, mais il n’y a eu aucune image.
-Quoi ? Oh, non ! Que disaient les voix ?
-Qu’est ce qu’il y a ? Tu as l’air bizarre.
-Rien, mais je le répète : que disaient les voix ?
-Hum... Les voix ? Elles n’étaient pas dans notre langue, je n’avais jamais entendu de telles consonances ! Elles étaient si douces.
-Ah ? Et de quoi parlait-elle ?
-C’était un appel au secours.
-Un appel… Peux-tu me les redire ?
-Oui : « Ashklin, greis de ponie »
- « Ashklin, viens à nous ».Traduit-elle à voix haute.
-Mais ? Tu, tu… Tu connais cette langue ? Bégaya le jeune homme, déconcerté.
-Oups ! Fit Naïla. Mais quelle courge je fais ! Puis elle se frappa la tête avec la paume de sa main.
-Comment la connais-tu ? Réponds moi.
-Mais je ne la connais pas !
-Arrête de mentir ! Comment aurais-tu fait, si tu ne savais pas parler cette langue, pour traduire ?
-Euh, c’est que… Je ne peux pas te le dire comme ça, c’est trop important !
-Si, tu peux me le dire. Tu n’avais qu’à faire attention !
-Non Naska ! Dit-elle d’un ton sans réplique.
-Mais pourquoi ? Je suis tout de même concerné par cette histoire.
-Oui, pour mon plus grand malheur. Ton père aussi l’était.
-Quoi ? Tu m’avais pourtant dit qu’il t’avait abandonné.
-Je t’ai menti.
-ET POUR QUEL MOTIF ? Cria-t-il.
-Pour ton bien. Répondit-elle calmement.
-Mon bien ? Tu parles ! Où est-il alors ? Que s’est-il passé ? Si tu veux mon bien, il faut me le dire.
-Non Naska, pas tout de suite.
-Mais quand alors ? Quand il sera trop tard ?
-Quand ce sera le bon moment, quand j’aurai le courage de te le dire, et surtout, la force de te voir partir, toi aussi. Et ça, je ne peux pas. Pas maintenant. Je croyais qu’en le laissant s’en aller, nous serions tranquilles ! Mais non, il faut que ça continue. Je suis désespérée, tu peux le comprendre ça ? Dit-elle au bord des larmes.
-Excuse-moi maman… Je ne voulais pas… C’est juste que je suis perdu, je ne sais plus quoi faire. Dit-il sincèrement désoler.
-Ce n’est rien, moi aussi je le suis.
Elle prit Naska dans ses bras. Ils restèrent blottis l’un contre l’autre pendant un moment. Cet instant de sérénité s’arrêta lorsque Naïla repoussa légèrement son fils devant elle et se décida à lui avouer ce qu’elle avait sur le cœur depuis longtemps :
-C’était il y a quatorze ans exactement, j’étais enceinte de toi, au moment où tout a commencé. Je m’en souviens comme si c’était hier ; elle inspira un grand coup avant de s’élancer. Ton père faisait des rêves bizarres, lui aussi, il se réveillait en sueur et, à chaque fois que je lui demandais la raison de ces réveils brusques toutes les nuits, il ne voulait rien me dire, il me répondait que ce n’était qu’un mauvais rêve. Je ne le croyais pas, évidemment. Ce soir là, le dix février 1993, je ne l’oublierai jamais : c’est le jour où il m’a révélé son rêve. C’était presque le même que toi mais dans les siens, il n’y avait pas l’ombre noire, mais, il y avait aussi les cris : comme les tiens. S’il m’avait avoué ça, c’était parce qu’il n’en pouvait plus, il devenait nerveux… Et un jour, il s’est évanoui et a entendu une phrase similaire à la tienne. Sauf que lui, au lieu de « Ashklin », c’était : « Shagan » le nom prononcé, alors qu’il s’appelle Jacques. C’est alors que, après son évanouissement, il fit un rêve beaucoup plus précis que les autres, et était certain de savoir où se diriger pour trouver cet arbre-passage. Il m’en avait parlé et m’avait fait part de ses projets : aller là-bas et faire ce qu’il avait à accomplir, pour être libéré de ses rêves, ensuite, il reviendrait. Et je l’attends toujours. Je lui avais bien sûr dit de ne pas y aller, de rester qu’il devait m’aider, car tu allais bientôt naître et ton frère était encore jeune ; mais, après avoir fait ses adieux, horribles adieux, il partit en quête du " Peuple Oublié ". »
Elle renifla et une série de petites larmes cristallines coulèrent sur ses joues. Elle était triste de se remémorer cette histoire tragique, bien qu'elle se sentait énormément soulagée : c'était un poids en moins pour elle.
Naska repassait les paroles de sa mère dans sa tête, encore et encore, puis il en vint à cette conclusion :
-Mais alors, si papa y est allé, c’est que moi aussi je dois y aller.
-NON NASKA ! Cria-t-elle. Non, pas toi ! J’ai déjà perdu mon mari, je ne veux pas perdre mon fils ! Non.
-Mais, tu ne comprends pas ! Je suis obligé.
-Tu n’es pas obligé du tout. Au contraire, toi seul décides de ton destin.
-Exactement, donc si je choisis d’aider ces… Euh ? Individus ? C’est moi qui le désire. Et peut-être retrouverai-je papa…
-Non Naska ! S’il te plaît. Le supplia-t-elle.
-Maman, tenta-t-il pour l’apaiser, je n’ai encore rien décidé.
Naïla souffla pour de bon avant de prononcer ces paroles pleines de sagesse, qu’elle avait proféré à son mari quatorze ans auparavant, en espérant ne pas entendre la même réponse attristante qu’elle craignait par-dessus tout :
-Naska, je te laisserai faire le choix qui te semblera le plus juste. Je ne t’empêcherai pas d’accomplir ce que tu veux, que ce soit de partir ou de rester. Néanmoins, sache que je préférerais le deuxième choix.
-Merci, tu as dis là des paroles très sensées. Je t’en suis fortement reconnaissant.
Ils se turent en songeant qu’un simple choix pourrait tout changer. Naska en était conscient. Il savait qu’il devait partir, cependant, il ne pouvait pas abandonner sa mère, ni ses amis, ni son frère, qui avaient veillé sur lui lors de son séjour à l’hôpital.
Soudain, une idée le secoua, il l’exposa à sa mère :
-De toute façon, il ne faut pas que j’y aille seul. "L’union fait la force", c’est bien connu !
En disant cela, il venait aussi de montrer son choix : il partirait.
La jeune mère manqua de s’effondrer de désespoir en entendant son fils. Elle pensait qu’il allait prendre son temps avant d’opter pour l’une des deux réponses. Et, elle espérait encore, intérieurement, qu’il n’irait pas, qu’il resterait… Mais non, il voulait y aller, et, en plus, avec d’autres personnes. "Remarque, au moins, ils pourront se protéger mutuellement." songea-t-elle. Cette pensée lui redonna un peu d’espoir.
Naska, voyant sa mère dans cet état, lui sourit et lui promit : « Je ne serai pas seul et le départ n’est pas encore fixé à une date précise. Ne t’inquiète pas… »
« BAM »
C’était Jonathan qui venait de rentrer en claquant la porte. Celui-ci fit irruption dans la pièce en criant :
-C’est qui qui a pris mon skate ? Je suis sûr que c’est toi Naska ! Allez, rends le moi, vite !
-Hein ? Quoi ? Ton skate ? Dit le concerné, sans comprendre.
-Oui, mon skate, il est où ? Continua-t-il.
-Je ne sais pas moi. Il n’est pas en train de moisir dehors ? Tu l’oublies tout le temps là-bas.
-Ouais ! C’est ça ! Tu me l’as encore pris, oui !
-Jonathan ! Va voir dehors s'il te plaît. Ne vois-tu pas que nous parlions de quelque chose d’important ? Le coupa Naïla.
-Ah, bah oui ! C’est peut-être une question de vie ou de mort ?
-Exactement. Répondit Naïla gravement.
-allez, vas-y, fous-toi de moi.
Et il partit voir à l’extérieur, malgré le fait qu’il n’avait aucune envie de donner raison à son frère, il sentait qu’il valait mieux sortir de la pièce.
Naïla et Naska se regardèrent, mais ne se dirent rien, le moment était grave, mais les gens inconscients de ce qui se passait dans les forêts lointaines du peuple oublié, où planait une menace inconnue de tous. Tout d’un coup, Naska demanda à sa mère :
-Est-ce que papa t’a dit où se situait cette forêt ?
-Non, il ne le savait pas lui non plus.
-Mais comment vais-je faire pour la trouver ? Ça se trouve, il ne l’a jamais trouvé lui.
-Je ne sais qu’une chose : il m’a dit que ses rêves étaient de plus en plus précis et qu’il se sentait poussé vers une destination, sans savoir pourquoi… Mais ça, je te l’ai déjà dit. Il se sentait guidé.
-Mais alors, s’ils m’ont choisi, ils me guideront aussi.
-Oui, je pense aussi, mais, es-tu vraiment sûr de vouloir partir ?
-Ce n’est pas une question de vouloir ou non, c’est une question de vie ou de mort d’un peuple.
-C’est exactement ce que m’a dit ton père la dernière fois que je l’ai vu. Soupira-t-elle.
-Maintenant, il faudrait savoir avec qui je peux y aller. Dit le jeune homme pour changer de sujet.
-Des gens en qui tu as une totale confiance et, qui seraient prêts à partir sans se forcer. Car l’aventure est dangereuse, tu t’en doutes.
-Oui, mais je ne vois pas qui.
-Tes copains. Suggéra-t-elle.
-Tu as oublié ce qui s’est passé la dernière fois ?
-Non, bien sûr que non. Alors qui d’autre ? Tu sais que ce sont les seuls. Si je leur explique, ils me croiront. Qu’en penses-tu ?
-Mouaif, bof, ils vont te prendre pour une folle.
-Qui ne tente rien n’a rien !
Ils se quittèrent sur ces paroles.







